Le dragon rouge
2. Le vieil homme
Le soleil brillait à l’horizon depuis déjà longtemps. Le coq chanta plus d’une fois l’aube et l’horloge marquait le temps normalement; sonnant l’heure et la demie. Mais presque tout le monde fit la sourde oreille restant confortablement blottis sous leurs couvertures leur esprit dans les mains de Lyonel.
Presque tous dormaient profondément. Cependant, un homme jeune mais robuste se trouvait déjà à l’œuvre autour de la maison. Cet homme frappait un gros rocher le fracassant à l’aide d’une masse de métal. Chaque coup libérait de petits fragments. Après environ une dizaine de coups, il ramassa les débris pour les déposer au fond d’une charrette. Et lorsque la charrette fut pleine l’homme ordonna au cheval de la tirer. Il guida l’étalon à travers la cour vers le coté de la maison avant de lui ordonner de s’arrêter.
Après un instant de repos, le jeune homme se remit à la tâche. L’étape suivante consistait à empiler soigneusement les morceaux de pierre, les uns par dessus les autres, formant ainsi un rempart tout en bouchant les trous d’un mélange de pierres fines et d’argile fraîche habilement concocté par le vieux Méoutan.
Le vieil homme avait donné des indications claires: «Cette préparation doit être placée à l’ombre sans quoi elle séchera et deviendra alors inutilisable!» Le jeune ouvrier redoutait le courroux du vieil homme aussi il exécutait ses ordres à la lettre. Il plaçait les pierres et colmatait les vides et fissures comme on le lui avait enseigné.
Le jeune homme répéta ces opérations plus d’une fois. Le soleil de plomb accélérait le durcissement de l’argile. Lorsque le muret fut enfin agrandit d’environ 3 coudées, le jeune homme se rappela l’étape la plus importante. Il frémit à l’idée qu’il aie faillit l’oublier. Méoutan avait spécifié d’attendre que l’argile soit totalement sèche avant d’exécuter l’étape de finition.
Se tenant près du muret, le jeune ouvrier plongea la main dans une de ses poches et il en sortit une petite fiole sombre. Il la regarda un moment puis il en ôta le petit bouchon. Trois gouttes par coudée était suffisant, se rappela l’homme. Une. La goutte pénétra l’argile en sifflant. Deux. La goutte siffla et disparue. Trois. La dernière goutte recouvrit une coudée du muret et le charme fut un succès. Il fit la même chose avec les autres coudées… Maintenant, même le souffle du plus grand ver de Sparte ne pourrais détruire le travail accompli.
Le jeune homme rangea la précieuse fiole puis il retourna près de la grosse pierre se saisissant de sa masse au passage. Il évalua le meilleur point d’impact puis de ses deux mains il leva la masse très haut et il l’abaissa violemment.
La masse percuta la pierre qui trembla en émettant une plainte semblant provenir du plus profond des entrailles de la terre. Un grand fracas s’en suivit et la grosse pierre se fissura du sommet au sol. Surpris, le jeune homme recula, s’attendant à voir en sortir Ishadès en personne!
Toby court à travers un champ de cotonniers. Il voit pour la première fois ces fruits blancs. «Des petits nuages» disait Toby. Il y en a partout autour de lui. Toby est émerveillé, il n’espérait pas un tel spectacle pour son septième anniversaire. Toby et sa mère revenaient d’un petit voyage. Ils furent tous deux surpris de la transformation qu’avait subit le champ durant leur absence.
Un grand vent se leva. Les petits nuage rejoignirent leurs frères très haut dans le ciel laissant Toby seul au milieu d’un champ d’herbes folles. De gros nuages gris approchaient lentement.
À suivre.